Présentation

 

Régis Feugère est né en 1976, après des études d’Histoire de l’Art et une forma-tion technique en photographie, il intègre l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image d’An-goulême de 2002 à 2007 où il établit les bases de son langage plastique. A rebours d’une photographie de l’effet, sa démarche, patiente, réfléchie et mesurée, est celle d’une contem-plation qui, à notre époque d’accélération généralisée est aussi une forme d’engagement voire de résistance.

Dans ses compositions le vernis du monde que nous croyons connaitre se fissure, laissant entrer le doute, le trouble et l’inquiétude devant le regardeur. Son travail a été exposé aux Rencontres d’Arles en 2008, aux 10 ans des TransPhotographiques de Lille en 2011 ainsi qu’à Summer of Photography 2012 à Bruxelles. Les dfférentes résidences, expositions et projets réalisés depuis l’année 2013 lui ont permis d’affirmer son écriture photographique qui, éloignée des bavardages visuels et des complaisances stylistiques, fait écho au tumulte du monde et de son Histoire. 

Philippe Bazin

 

Dans les lieux délaissés, dans les moment ténus, Régis Feugère fixe le célibat des choses. Que le bitume soit gagné par l’obscurité, que les frondaisons d’arbres majestueux soient absorbées par une brume probablement tératogène, ou, comme dans la série Entro-pie, que la tôle corrodée d’un entrepôt éventré s’expose généreusement au vent, à la pluie et au regard, l’artiste parvient à saisir l’imminence jouissive du désastre, l’euphorie de la disparition, le mystère de ce qui va bientôt atteindre le seuil. Si le rapprochement avec les vanités peut en constituer une première expérience, dansla mesure où la limite, la finitude sont ici omniprésentes, ce travail se signale également par la tension, si ce n’est la lutte, dans laquelle ces objets tentent de se maintenir par-delà l’image.

 

Jean-Christophe Arcos, texte de l’exposition La Dispute de l’âme et du corps, Avril 2013, Cloître des Billettes, Paris.

Note d'intention

«La raison principale de ma venue à Mende en résidence à La Lanterne est une recherche sur le paysage français. D’ombres et de pierres (titre provisoire) est un travail sans fard sur mes sentiments concernant l’oeuvre du temps sur le monde. Très personnelle et introspec-tive, cette série déroule un territoire inquiet et sous tension. Les lieux rencontrés au fil de mes recherches semblent hostiles, peu enclins à s’accommoder de la présence de l’Homme si ce n’est pour lui rappeler sa finitude. Pour la première fois j’arrive en résidence avec un travail en cours, la raison est que j’envisage cette série sur un temps de création long sans une contrainte de rendu précipité.»

Régis Feugère